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Roland Masse

  • Né(e) le 28/11/1936 - Décédé(e) le 06/03/2026

Biographie

Vétérinaire et Docteur ès Sciences, Roland Masse était président honoraire de l’Office de Protection contre les Rayonnements Ionisants (actuel IRSN résultant de la fusion de l’OPRI et de l’IPSN) et ancien directeur du département de pathologie et toxicologie expérimentale du CEA.

 

Radiobiologiste et spécialiste reconnu de toxicologie, il a consacré sa carrière à l’étude des effets sur la santé des rayonnements ionisants, des radionucléides et des toxiques environnementaux, publiant plusieurs centaines d’articles scientifiques sur ces sujets. Il a dirigé les recherches sur la toxicité – notamment pulmonaire – des radionucléides au Commissariat à l’énergie atomique (CEA), avant de créer en 1991 le département de pathologie et toxicologie expérimentales, relevant de la direction des sciences du vivant alors dirigée par notre confrère André Syrota. Il y a développé des travaux de référence en radiotoxicologie et en évaluation des risques sanitaires, et a travaillé en lien étroit avec notre consœur Anne Flüry‑Hérard.

 

À partir de 1994, il a présidé l’Office de protection contre les rayonnements ionisants (OPRI), organisme public placé sous la tutelle des ministères chargés de la Santé et du Travail, jouant un rôle central dans la radioprotection en France avant sa fusion avec l’IRSN. Il a été chargé des missions d’expertise, de surveillance et des contrôles propres à assurer la protection de la population et des travailleurs du nucléaire contre les rayonnements ionisants et à édicter les réglementations à appliquer au plan des mesures et des contrôles. Il en a été par la suite le président honoraire.

 

Il a également participé aux travaux de nombreux organismes scientifiques nationaux et internationaux dans les domaines de la toxico‑vigilance et de la radio‑protection. Au niveau national, il a présidé la Commission spécialisée des maladies professionnelles auprès du ministère du Travail, dans le cadre du Conseil supérieur de prévention des risques professionnels. Il a été sollicité par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) pour des travaux d’expertise collective sur les liens entre environnement, pollution et santé. Il a présidé le Conseil scientifique « Recherche » de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), a été membre du Comité d’indemnisation des victimes d’essais nucléaires (CIVEN), du Conseil d’orientation scientifique AREVA, du Conseil scientifique de Bouygues Telecom et de Sauvons le climat !.

 

Au niveau international, il a contribué activement aux travaux des instances européennes Euratom, de la commission 2 de la CIPR dont il était membre, aux travaux du comité scientifique des Nations Unies sur les sources et effets des rayonnements (UNSCEAR), dont il a été membre puis président de la délégation française.

 

Auteur ou coauteur de plusieurs centaines d’articles scientifiques, il a largement contribué à la connaissance des conséquences sanitaires des expositions aux rayonnements ionisants, notamment dans le contexte des accidents nucléaires et des expositions chroniques de faible dose. On peut citer quelques ouvrages marquants auxquels il a participé, tels « Effets des faibles doses de rayonnements ionisants » (1996), le compte‑rendu du colloque sur « Risques cancérogènes dus aux rayonnements ionisants » (1999) et un Avis commun Académie nationale de médecine, Académie des sciences et Académie des technologies sur « Les risques sanitaires des radiofréquences » (2009). Il a été l’auteur d’ouvrages de synthèse destinés à éclairer le débat public, dont « Que doit‑on craindre d’un accident nucléaire ? » (2004). Il a également dirigé et évalué plusieurs thèses en radiobiologie et radiotoxicologie (Université Paris 6, Paris 11, Rennes 1).

 

Membre fondateur de l’Académie, il a œuvré à sa création et a été très investi dans ses actions tant au niveau de la vie académique que de ses entités de travail (comités et commissions). Il a apporté une expertise reconnue sur les questions de nucléaire, de risques sanitaires et de politiques publiques de prévention. Il en était Membre émérite depuis 2006. Il était membre correspondant de l’Académie nationale de médecine dans la section médecine préventive et sociale depuis 2003.

 

Expert en santé publique, lauréat de la médaille Antoine Béclère (2002), officier des Palmes académiques, Roland Masse a été une figure majeure de la radioprotection en France.

 

Nous garderons de lui le souvenir d’un homme engagé aux qualités humaines indéniables, qui a su mener une activité d’expertise et d’évaluation scientifique de premier plan, enseignant et pédagogue enthousiaste, soutenant et favorisant l’émergence de talents autour de lui.