Biographie
Fort d’une double formation de médecin et de chercheur, Michel Fardeau était ancien directeur médical et scientifique de l’Institut de myologie à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, professeur honoraire au Conservatoire national des Arts et Métiers et directeur de recherche émérite au CNRS.
Converti à la recherche dans le domaine de la pathologie musculaire, il a travaillé de nombreuses années au laboratoire de neuropathologie de la Salpêtrière, qui deviendra Équipe de Recherche du CNRS en 1971, puis Unité de Recherche Inserm de 1976 à 1998, avant de collaborer, à la fin des années 1960, avec le National Institutes for Health (NIH) à Bethesda, aux États-Unis. Michel Fardeau a posé les bases de l’exploration histologique neuromusculaire par microscopie électronique, qui a conduit en 1962 à la création du premier service de recherche de microscopie électronique dédié à la biologie et la pathologie du tissu musculaire.
Ses travaux ont servi de base à la création, par l’Agence Française contre les Myopathies (AFM-Téléthon), de l’Institut de Myologie, qu’il dirigea de 1996 à 2006. Cet institut a permis de coordonner, autour du malade, la prise en charge médicale, la recherche fondamentale, la recherche appliquée, la recherche clinique et l’enseignement. Sous son impulsion, des premières mondiales ont été réalisées, notamment en thérapie génique.
En 1990, Michel Fardeau a été élu Professeur titulaire dans une Chaire du Conservatoire National des Arts et Métiers nouvellement créée, dédiée à l’Insertion Sociale des Personnes Handicapées, qu’il a occupé jusqu’en 2002. À travers ses travaux, il a nourri la cause du handicap et promu l’égalité des chances, contribuant à transformer la perception sociétale du handicap. En 2001, il a ainsi été chargé, par le Ministre de l’Emploi et de la Solidarité et le Secrétaire d’État à la Santé, à l’Action Sociale et aux Handicaps, d’un rapport sur l’analyse comparative et prospective des politiques mises en œuvre en direction des personnes handicapées, rapport préparatoire à la loi sur l’égalité des chances de 2005.
Membre de nombreuses sociétés de neurologie et de neuropathologie nationale et internationale, il a présidé de nombreux conseils scientifiques à l’Université Paris VI et à l’étranger, notamment le premier conseil scientifique de l’AFM-Téléthon de 1982 à 1986. Il a été membre du collège de direction scientifique de l’Inserm de 1982 à 1994, du comité consultatif national d’éthique de 1986 à 1990, avant de présider le comité d’éthique en recherche médicale et en santé de 2000 à 2003. Il a influencé durablement la réflexion éthique sur la recherche scientifique.
Membre fondateur de l’Académie des technologies, il était, entre autres, membre correspondant de l’American Neurological Association (1995) et de l’Académie des sciences (1996), membre de l’Academia Europaea (1995) et Docteur honoris causa de l’université de Mons-Hainaut (2004). Il a reçu de nombreux Prix qui ont distingué son travail de pionnier : Prix de la Fondation Athéna de l’Académie des sciences – Institut de France (1985), Prix Erb-Duchenne de la Deutsche Gesellshaft Bekamfung des Muskelkrankheiten (1991), Prix Inserm Académie des sciences (1995), Prize “Gaetano Conte” (Basic Research) (1995), Lifetime Achievement Award de la Fédération internationale de neurologie (2002) et la Grande médaille de l’Académie nationale de médecine (2014) pour l’ensemble de sa carrière.
Il était Officier de l’ordre national de la Légion d’honneur et Chevalier de l’ordre national du Mérite.
Michel Fardeau a été un enseignant-chercheur dont la contribution à la communauté scientifique et éthique a été majeure. Homme pudique, il s’est consacré avec dévouement à ses patients et à ses élèves dans une démarche de rigueur scientifique et de transmissions.